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Guide touristique Martinique : Découvrir Saint Pierre et Le Carbet

Saint Pierre et Le Carbet

Communes de Martinique  : Saint Pierre
> saint pierre © AD 2004
 
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Aux portes de Saint Pierre, le Carbet tient son nom du grand carbet installé là par les indiens Caraïbes. Il s’agit d’une grande habitation collective en bois, où notamment ils tenaient leurs cérémonies. Curieusement, c’est à cet endroit précisément qu’aurait débarqué Christophe Colomb, puis les sieurs Duplessis et l’Olive, qui préférèrent finalement coloniser la Guadeloupe, puis enfin, Belain d’Enambuc, gouverneur des Antilles, qui fonda le premier foyer de colonisation française en Martinique en 1635.

Le bourg du Carbet n’a pas d’intérêt particulier en lui-même. Le petit musée Gauguin témoigne du passage de l’artiste quelques temps dans cette commune, où il vécut dans une case au niveau de l’Anse Turin, une agréable petite plage de sable noir, prisée de l’artiste.
Pour gagner Saint Pierre, une superbe route panoramique s’offre d’un côté et une route côtière de l’autre, qui passe notamment par l’Anse Latouche. En face de la belle plage de sable noir, l’ancienne habitation de Guillaume d’Orange, un des premiers colons de l’île, et le jardin des papillons méritent une halte sur la route de Saint Pierre.

Au pied de la montagne Pelée, l’ancienne capitale économique et culturelle de l’île s’étale au bord de sa somptueuse baie aux eaux claires.
Historiquement, Saint Pierre est la première zone colonisée de l’île. Du fait de sa rade particulièrement accueillante, les navires de commerces affluent pour y décharger leurs marchandises et y faire relâche. Saint Pierre resta d’ailleurs longtemps la capitale économique de l’île bien que l’administration lui ait préféré Fort de France.
En dépit de plusieurs occupations par les anglais, Saint Pierre poursuit son développement et se dote d’une cathédrale, du plus grand théâtre des Antilles, de nombreuses églises, de l’eau courante, d’un jardin botanique, et même l’électricité et le tramway à la fin du XIX ème siècle ! C’est aussi la cité des plaisirs puisque son carnaval est réputé dans toute la Caraïbe, ainsi que les belles de ses maisons closes. Tous ces apanages d’une cité moderne valent à la commune le surnom de « petit Paris » des Antilles.

Pourtant, une menace plane sur la ville puisque dès 1851 et 1852, dates des premières alertes, les mises en gardes de la Pelée se font de plus en plus explicites. En 1889, des fumerolles s’échappent du sommet. En 1902, ce sont de fortes odeurs de souffre. L’évaporation de la citerne du lac des Palmistes dans l’ancien cratère, les tremblements de terre, la projection de fines cendres dans le ciel, ou encore des colonnes de vapeurs témoignent pourtant du réveil du volcan. En dépit, des éruptions de boues et de blocs de rochers, puis d’un premier raz de marée, il n’y a pas d’évacuation de la ville. Il faut dire qu’en Mai 1902, les échéances électorales accaparent les politiques et un excessif alarmisme pourrait nuire aux ambitions du gouverneur qui, pour rassurer les habitants de Saint Pierre, va jusqu’à rappeler sa femme de sa maison de campagne à Saint Pierre, la veille de la tragédie. Assurés, du fait des nombreuses failles qui séparent la ville du volcan, qu’une éventuelle coulée de lave ne présente pas de risque réel, les journaux proclament que la cité ne courre aucun risque alors que déjà les oiseaux et les animaux ont fuis la cité.
Il faut dire, pour leur décharge, que le phénomène de nuées ardentes est alors inconnu et ce n’est qu’après l’éruption de 1902 qu’elles rentreront dans la sinistre classification des manifestations peléennes.

Le 8 mai 1902, aux environs de 8 heures du matin, une large langue de gaz, de blocs incandescents et de cendres, chauffés à plus de 400°C, descend les flancs de la Pelée à plus de 400km/h, anéantissant complètement la prospère cité et les navires à l’ancre dans sa baie, à l’exception d’un seul, et tout ceci en moins de 90 secondes ! L’effet de souffle qui devance les nuées, comparable à celui d’une bombe atomique, balaie les constructions. La chaleur du nuage enflamme instantanément les décombres. Puis succèdent les lapilli et une pluie de boue chaude. L’air surchauffé est irrespirable et chargé de cendres et de souffre. La ville des plaisirs est devenue cité martyre. La Martinique entière est couverte de cendre et un raz de marée vient mettre un point d’orgue à la catastrophe en ravageant les communes du littoral. 30 000 personnes sont tuées. Deux personnes au moins ont survécue à cette apocalypse mais l’histoire ne retiendra longtemps que le nom de Cyparis, qui arrêté la veille en état d’ivresse, se trouva providentiellement protégé par l’épaisseur des murs de son cachot. Ce miracle lui valut d’être gracié.
Ce fut la fin de la rivalité avec Fort de France. Sur les cendres de Saint Pierre, un nouveau village fut reconstruit, mais aujourd’hui encore, la commune est loin d’avoir retrouvé sa population d’origine et son faste d’antan.
En 1990, le label officiel de Ville d’art et d’histoire permet d’entreprendre de nouvelles fouilles, restaurations et reconstructions comme le presbytère. L’objectif est de relancer l’activité sur la côte Caraïbe, à travers le souvenir de la fastueuse cité. L’ancien théâtre, le cachot de Cyparis, ou encore le vieux fort sont des monuments incontournables de la ville. Un petit train propose une agréable visite commentée par un guide aussi enthousiaste que passionné et fait découvrir les nombreux vestiges et trésors cachés au hasard des rues des différends quartiers.
Mais malheureusement, l’argent manque pour transformer complètement la ville en musée comme certains le souhaitent. En attendant, le musée vulcanologique mérite une visite. C’est un témoigne intéressant sur la vie de la cité avant et après l’éruption
Quant au musée historique, il est entièrement tourné vers l’histoire de la ville avant 1902.

Le tourisme vert est également un axe important de développement pour cette région située au pied des montagnes. Les possibilités de randonnées y sont très nombreuses, vers Grand Rivière à la pointe de l’île, vers les Sources Chaudes, le long du Canal de Beauregard ou encore sur les flancs de la Pelée. Il convient de se renseigner avant de partir pour vérifier si la trace est ouverte et si les conditions météos sont favorables. Le mieux étant de s’adresser au bureau de la Randonnée de Saint pierre dont les guides professionnels, expérimentés et dévoués, sont à l’écoute pour proposer des randonnées adaptées à votre niveau et découvrir les charmes cachés de la montagne en toute sécurité.

La somptueuse baie de Saint Pierre recèle une attraction spectaculaire pour les amateurs de plongée sous-marine qui se doivent, si leur niveau le permet (à partir de niveau 2) de plonger sur les nombreuses épaves des vaisseaux surpris par l’éruption. Mais les eaux claires de la baie offrent aussi d’autres spots moins profonds pour s’initier et découvrir les merveilles d’une faune et d’une flore sous-marine particulièrement riche.

Quant aux amateurs de bon rhum, ils ne manqueront pas de visiter la distillerie Depaz, une des plus ancienne de Martinique, où le château, la distillerie et le petit musée permettent une visite agréable et particulièrement intéressante.

En poursuivant par la côte, au-delà de Saint Pierre, la commune du Prêcheur, s’étire tout au long de la route. Elle tient son nom d’un ilet, disparu en 1902, qui évoquait de loin la forme d’un prêcheur en sa chaire. C’est une des plus anciennes communes et l’ancienne paroisse du révérend père Du Tertre, chroniqueur et auteur d’une Histoire générale des Antilles qui reste aujourd’hui une des principales sources d’information sur la vie difficile des premiers colons.

La côte devient plus sauvage vers le nord et les plages s’y font plus rares. L’anse Céron, vaut le détour puisque certains la considèrent comme la plus belle plage de sable noire de l’île. Bordée de cocotier, la baignade y est généralement assez calme. Face à la plage, l’Habitation de l’Anse Céron, est une ancienne sucrerie conservée comme au temps de l’esclavage et entièrement rénovée par un passionné. A voir absolument.

A l’extrémité de l’île, la route s’arrête au niveau de l’Anse Couleuvre, une belle petite plage au charme sauvage. De là, les randonneurs les plus courageux partent à pied en direction de Grand Rivière pour une belle ballade d’environ 6 heures.