|
|
> bibliotheque schoelcher © AD 2004 |
| |
|
C’est à l’entrée de la large baie du cul de sac Royal que les premiers colons construisent dès 1638 un fort pour en défendre l’accès. En dépit des marécages et de la mangrove, la cité de Fort-Royal s’installe à ses côtés. Les marais sont peu à peu asséchés, et un grand canal est percé. En 1681, quand Saint Pierre perd son statut de
capitale de l’île, s’ouvre alors une longue période de prospérité et de développement et ceci en dépit des inondations, cyclones, incendies et épidémies qui se succèdent.
C’est à Napoléon que la cité doit son nom définitif. L’éruption de la Montagne Pelée en 1902 vaut à cité foyalaise de recevoir l’héritage commercial de la défunte Saint Pierre.
Dés lors, la population ne fait qu’augmenter et ancre la ville dans son rôle de capitale administrative, économique et commerciale de l’île. Aujourd’hui la conurbation Schoelcher-Lamentin-FDF regroupe 40% de la population totale de l’île et accueille la zone industrielle, véritable poumon économique de l’île. La Martinique est reliée à la métropole par le port de Fort de France (4ème port national) dont les eaux profondes permettent d’accueillir les grands porte-contenaires qui approvisionnent l’île mais aussi les paquebots de croisière dont les passagers s’écoulent quotidiennement dans les artères de la cité.
Fort de France est une grande ville et connaît à ce titre les maux classiques du monde urbain à savoir d’importantes difficultés de circulation et de stationnement. Il faut dire que la situation particulière de la ville, étalée au pied et sur les flancs de grands mornes barrés de ravines, n’arrange rien. Pour les visiteurs, le mieux est vraiment d’arriver en empruntant les bateaux navettes qui relient les communes de la baie à la capitale. Outre le bénéfice d’échapper aux embouteillages, l’arrivée en bateau offre une vue magnifique sur la baie et sur la ville dont les différents quartiers s’étagent sur les flancs des mornes autour de la ville comme un amphithéâtre. Dés le débarquement, on est immergé dans cette animation intense qui fait aussi le charme de la cité et qui contraste tant avec l’habituelle nonchalance des villes aux antilles.
En déambulant dans les quartiers et au hasard des ruelles il n’est pas rare de s’émerveiller devant de vieilles maisons en bois, un balcon de fer forgé ou de longues frises travaillées comme des dentelles témoignant du passé colonial de la ville et de son architecture. Les matériaux mis en œuvre dans les habitations de la capitale foyalaise retracent l’histoire mouvementée de la cité ébranlée par une succession d’avatars. En effet, après le tremblement de terre de 1839 la pierre cède la place aux constructions en bois jusqu’à ce qu’en 1890 la ville soit la proie des flammes. Dès lors, pour lutter contre les incendies et affronter les vents cycloniques, les armatures métalliques font leur apparition dans les nouveaux édifices et monuments. Ainsi, la Bibliothèque Schoelcher, un des monuments les plus visités, dispose d’une structure métallique réalisée dans les ateliers Eiffel de Paris. Réalisé à l’origine pour l’expo universelle de Paris en 1887 par l’architecte Henri Picq, ce magnifique édifice teinté d’orientalisme a été démonté, transporté puis remonté à Fort de France pour accueillir la bibliothèque de Victor Schoelcher destinée à l’éducation du peuple. La cité doit également à Henri Picq la structure métallique de la cathédrale Saint Louis, reconstruite en 1890 et les voûtes d’acier des halles du grand marché.
D’autres vestiges de l’histoire de Fort de France sont disséminés dans le centre comme le Fort Saint louis, bâti au XVII à la manière des fortifications de Vauban pour protéger la cité des nombreux agresseurs étrangers. Il est réalisé en basalte tiré des carrières de Saint Pierre. La Savane, une grande place plantée d’arbres majestueux, palmiers royaux, flamboyants, fromagers ou bakoua, était autrefois un lieu de promenade prisé de la bourgeoisie foyalaise. Elle accueille aujourd’hui tous les évènements folkloriques et culturels importants de la vie de la cité. Néanmoins, la nuit tombée, il vaut mieux éviter l’endroit, comme d’ailleurs le reste de la ville qui prend alors des allures inquiétantes de ville fantôme.
Le Musée départemental d’Archéologie précolombienne, retrace sur 2 niveaux les millénaires d’histoire des premiers habitants de l’île, les Arawaks puis les Caraïbes, à travers les vestiges de leur civilisation. Dans une belle demeure créole de 1887, le Musée régional d’Histoire et d’Ethnographie réunit les témoignages de l’histoire coloniale et de ses modes de vie, notamment grâce à la reconstitution d’un intérieur bourgeois de la fin du XIXème. Enfin, les visiteurs qui n’ont pas eu la chance de visiter la Martinique à la période du carnaval peuvent admirer hors saison dans le Musée du Carnaval, les robes et déguisements qui colorent les rues à cette époque.
Mais le charme principal de Fort de France réside dans ses boutiques aux étalages chatoyants de tissus madras et dans ses nombreux marchés aux parfums d’épices. Pour l’ambiance, le plaisir des yeux, la variété des parfums et des saveurs, la promenade au marché est une étape essentielle et quasi initiatique. Sur les étals des marchandes en costumes traditionnels, dans une explosion de couleurs, s’offre un large choix de fruits et de légumes avec plus de soixante quinze variétés différentes. Les doudous initient les curieux aux incroyables senteurs et saveurs des épices. Si elles sont particulièrement accueillantes et donnent du « chéri » et du « doudou » à tous les passants, il faut toujours demander la permission avant de les prendre en photo ou de les filmer. Il y a 3 marchés principaux : le grand marché, le marché aux fruits et légumes et le marché au poisson mais certains marchés improvisés comme celui de la rivière madame ne manquent pas non plus de charmes pour le visiteurs.
|